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2010
Interview de Geneviève Chevallier, céramiste - Exposition du 7 au 31 octobre 2010

Du 7 au 31 octobre 2010, Geneviève Chevallier présente ses œuvres à la Galerie d’art de Corbeil-Essonnes. Pratiquant le métier de céramiste depuis plus de 30 ans, elle nous a fait partager, la veille du vernissage, sa passion pour cette technique ancestrale mêlant l’art de la terre à celui du feu …

INTERVIEW DE GENEVIÈVE CHEVALLIER

Service Communication - D’où vous vient cette passion pour la céramique ? Précisément, comment vous êtes-vous formée à cette technique ?

Geneviève Chevallier - J’ai toujours été manuelle, j’ai toujours aimé bricoler, je tiens cela de mes parents. Mon père fabriquait nos meubles, cultivait son jardin potager : ma mère nous confectionnait nos vêtements. C’était souvent par nécessité qu’ils décidaient de faire tout eux-mêmes. Ainsi, la création a toujours fait partie de notre quotidien et il y avait du plaisir à fabriquer les choses.

Ensuite, j’ai commencé à travailler auprès des enfants dans un centre de loisirs, tout en me formant chez des céramistes et des sculpteurs. Entre autres, je me suis perfectionnée dans les techniques du tournage chez un maître potier et aussi de l’émaillage. Mais le cœur de mon apprentissage, ce sont mes 30 ans de travail. La meilleure formation, c’est la recherche personnelle, après avoir acquis les bases de la technique et ceci est valable pour tous les autres artisanats.

SC - Pourquoi avoir choisi la technique traditionnelle japonaise du Raku ? Pouvez-vous nous décrire le processus de fabrication ?

GC- Le raku est le résultat d’une technique d’émaillage d’origine coréenne qui s’est développée dans le Japon du XVIe siècle. Il est lié essentiellement à la fabrication de bols pour la cérémonie du thé. On utilise généralement une terre chamottée (argile lisse dans laquelle on ajoute de la chamotte ou tesson broyé) plus solide car les pièces doivent résister à de forts écarts de température. En effet, la pièce émaillée, réalisée entièrement à la main, est soumise à une cuisson à basse température, d’environ 1000 ° C.

Puis, sortie du four, la pièce est rapidement recouverte d’une matière naturelle inflammable, comme la sciure de bois, afin d’en empêcher la combustion car on limite l’apport d’oxygène au contact de l’émail en fusion. Enfin, on plonge directement la pièce dans l’eau. Ces différentes phases de manipulation vont faire apparaître les couleurs plus ou moins métallisées, mais également les craquelures et l’effet d’enfumage pour la terre laissée brute. Après refroidissement, la pièce est nettoyée avec un produit abrasif pour enlever tous les résidus de suie et de cendre.

Expliquée comme cela, cela semble assez complexe mais c’est une technique magique du fait de l’action du feu. Au-delà de mon idée première de la forme et de la couleur, le feu va bonifier la pièce, la rendre encore plus belle. Il y a bien sûr une part de hasard dans le résultat, mais c’est avant tout une part de bonheur pour le céramiste. J’aime la technique du raku car elle me permet de produire des pièces toujours uniques. Mon travail est synonyme de création, non pas de série.

SC - Depuis 10 ans, vous renouvelez cette tradition ancestrale pour représenter des formes issues de la nature : bulbes, pommes, oursins étoilés, galets, coquillages, etc. Qu’est-ce qui vous a amenée à représenter ces formes végétales, animales, issues du jardin ou de la mer ?

GC - Cela est venu tout seul : j’ai longtemps vécu au bord de la mer, c’est un environnement que je connais bien et que j’affectionne. L’élément marin se rattache aussi pour moi à des souvenirs d’enfance. Pour les formes issues du jardin, en revanche, il s’agissait plus de redonner un peu de verdure, de nature à notre environnement quotidien aujourd’hui hélas très urbanisé. A partir d’une technique qu’on aime et qu’on maîtrise, on peut tout exprimer. Moi, j’y ai développé mon imaginaire. C’est plus une poésie de travail qu’un travail utilitaire.

Néanmoins, je ne suis pas dans l’imitation pure de la nature : quand je modèle un bulbe, un oursin, un galet, je pense à la forme initiale qui existe dans la nature mais je l’habille de mon imaginaire, je les marque de stries, de craquelures, je les enveloppe de mes émaux colorés. Souvent les graines et les coquillages se rejoignent dans la forme, suivant la couleur choisie : du coquillage blanc, on peut y voir une pierre de corail quand il est nappé d’orange vif. Végétal et minéral ainsi se rejoignent, comme dans la nature, ne formant plus qu’un seul ensemble.

SC - D’ailleurs, comment choisissez-vous vos couleurs (vert, blanc, orange) ? De même, comment réussissez-vous à donner ces effets mats ou brillants à la surface de vos pièces ?

GC - J’ai un goût très prononcé pour ces trois couleurs, blanc, vert et orange, car elles évoquent chacune pour moi un certain univers : le blanc c’est la douceur, le calme de l’eau ; le vert c’est plutôt la nature, l’espace ; enfin l’orange est synonyme d’énergie, de joie. La réalisation d’une pièce demande au moins un mois de travail, depuis sa conception au tournage, son émaillage et jusqu’aux différentes étapes de cuisson, d’oxydation et de séchage. C’est un ensemble de gestes très précis dont le bon enchaînement induit la réussite de la pièce. Les effets de surfaces sont dus à diverses techniques : poncer, graver, marteler la matière, créer des contrastes entre une partie émaillée, lisse et brillante, et une autre enfumée et laissée brute. Et je décide de ces jeux de surface en fonction de ce que la pièce m’inspire.

SC - Où avez-vous exposé vos œuvres dernièrement ?

GC - Il y a six mois, j’ai présenté mes pièces à l’Espace Faïence de Malicorne-sur-Sarthe (72) : c’est un espace spécialisé dans la production et l’exposition de céramiques en tout genre. J’expose aussi régulièrement au Salon Maison & Objets à Paris Nord Villepinte. Ce salon attire une clientèle très internationale : les Italiens et en particulier les Japonais sont souvent très étonnés par mon travail, qui fait écho d’une certaine manière à leur propre culture. Par ailleurs, faisant partie du réseau des Ateliers d’art de France, ce label me permet aujourd’hui de voir mon travail reconnu et souvent exposé partout en France.

SC - Depuis plus de 30 ans, vous donnez des cours de modelage, de tournage et d’émaillage tant aux enfants qu’aux adultes : quelle valeur aimez-vous leur transmettre ?

GC - Avant tout mon plaisir de créer, de manipuler, de toucher la terre et d’en sortir quelque chose. Généralement, mes jeunes élèves apprécient la technique du raku mais tous affectionnent de rechercher de nouveaux effets avec la couleur.

SC - Quel est votre plus beau souvenir d’atelier ?

GC - En 30 ans de métier et d’enseignement, ce qui me fait le plus plaisir, c’est lorsque mes anciens élèves, devenus adultes, reviennent à l’atelier avec leurs propres enfants et veulent que je les forme à leur tour. Les grands partagent ainsi leurs souvenirs d’enfance avec les plus jeunes. A ce moment-là, je me dis que j’ai réussi à transmettre ma passion et c’est ce qu’il y a de plus beau pour un artiste, un artisan. De même, je travaille depuis quelques années avec une jeune artiste, Charlène, qui m’aide dans la confection de mes pièces mais qui a créé en parallèle son propre univers. Transmettre son savoir-faire, c’est donner les moyens à l’autre de recréer le monde à sa façon.

Propos recueillis par Sandrine Cormault, service Communication de la mairie de Corbeil-Essonnes,

octobre 2010

Illustrations :

Photo 1 : Portrait de l’artiste avec ses oeuvres Bulbe et éclosions

Photo 2 : Nid d’oiseau et bulbes, technique raku

Photo 3 : Bulbe et éclosions, pièces tournées, modelées, technique raku

Photo 4 : Duo Gourmandise, technique d’émail coloré sur faïence

Photo 5 : Vue de l’exposition en plein montage

Photo 6 : Galets zen, technique raku

Photo 7 : Oursins étoilés, technique raku

Céramiques : © Geneviève Chevallier, Tous droits réservés

Photographies (vues d’expositions) : © Service Communication, mairie de Corbeil-Essonnes, septembre 2010 (Tous droits réservés)

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