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2010
"Chairs énigmes" : exposition d’Alexandre Meyer, du 4 au 28 novembre 2010

Plasticien touche-à-tout, Alexandre Meyer crée des sculptures, souvent de taille monumentale, à partir de papier mâché et de bien d’autres matériaux.

Lauréat de nombreux prix artistiques (Prix du Conseil Général, 2008 ; Prix Susse de l’Académie des Beaux-arts, 2007), il présente ses œuvres pour la première fois à la Galerie d’art de Corbeil-Essonnes. L’espace va soudainement être peuplé d’étranges créatures… Micro !

INTERVIEW D’ALEXANDRE MEYER

Service Communication - Lors de votre formation en arts plastiques, aviez-vous déjà expérimenté tous les types de média artistiques : dessin, peinture et sculpture ?

Alexandre Meyer - J’ai eu une formation très classique, avec le dessin et la peinture comme principaux centres d’intérêt. J’ai étudié les différentes techniques de peintures (huile, acrylique). Ce n’est que depuis 10 ans que je me suis mis à la sculpture. Je considère ma formation comme une étape nécessaire pour me lancer ensuite dans la 3D. Mais encore aujourd’hui je continue d’avoir des projets de peinture, de dessin.

SC - Comment vous est-il venu l’idée d’utiliser du papier mâché pour réaliser vos sculptures ?

AM - Le papier mâché, je l’ai découvert lors d’un atelier pour enfants. Techniquement, c’est très simple à fabriquer : c’est du papier trempé dans de la colle qu’on mixe ou qu’on froisse avant de l’appliquer sur une surface. C’est un matériau tout à fait économique car on en trouve partout. Il est idéal pour réaliser de grandes silhouettes légères, tout en étant assez solides. Comme les figures de carnaval ! Je n’aurais pas réussi à obtenir cette fusion entre grandeur et légèreté avec d’autres matériaux, comme la pierre ou le bronze.

SC - Vos sculptures ont l’air de conglomérats de matériaux très divers : avec lesquels aimez-vous travailler ? Où les trouvez-vous ?

AM -

Je crée de grands personnages avec les matériaux qui me tombent sous la main, dans mon environnement rural : du grillage pour former l’armature ; du crin de cheval, de la cire d’abeille, du tissu pour former le corps ou encore du plâtre. Depuis le 17e siècle en France, il existe une tradition d’utilisation du papier mâché dans les arts. Par exemple, le Théâtre de la Reine au château de Versailles, conçu par Richard Mique pour Marie-Antoinette : tout le décor a été réalisé en carton pâte !

SC - Quelles sont les principales étapes de votre processus artistique ? Le visage semble avoir une place importante dans votre création ?

AM - Oui, effectivement, le visage est une pièce majeure dans l’œuvre, c’en est souvent le point de départ. Quand je le finis, je le porte dans mes mains, c’est assez émouvant. Ensuite, j’ajoute les matériaux pour le corps, en me référant à mes croquis de base. J’ai souvent plusieurs projets en attente, car il me faut plus de temps pour créer la silhouette.

SC - Leur ossature semble souvent très fragile : comment réussissez-vous à les faire tenir ? Rencontrez-vous des difficultés pour conserver vos œuvres ?

AM - Oui, j’ai eu des difficultés à conserver mes premières sculptures car j’étais dans l’expérimentation, pas du tout dans une idée de pérennité. J’en ai restauré certaines, en palliant des défauts de construction. Par exemple la sculpture n°4, réalisée en 2003-04, a subi deux restaurations importantes : à l’origine elle était creuse, ce qui la rendait fragile. Je l’ai donc remplie de mousse polyuréthane pour renforcer sa structure.

SC - Quelles sont vos sources d’inspiration ? Vous semblez aimer l’œuvre de Louise Bourgeois…

AM - J’essaie d’abord d’être en phase avec mon environnement culturel : j’ai besoin de lire, voir des expositions, des pièces de théâtre, etc. Ce sont surtout les œuvres d’art plastique qui me nourrissent. Par ailleurs, j’adore le travail de Neville Tranter, un marionnettiste d’envergure internationale, qui a créé un univers féerique et morbide à la fois avec ses personnages.

Parmi mes artistes préférées, il y a effectivement Louise Bourgeois : elle a construit son œuvre à partir de matériaux très différents, tout en allant dans une seule direction. Comme elle, je tente d’expérimenter dans tous les domaines, d’abord en peinture, en dessin et maintenant en sculpture et en photographie, lorsque je mets en scène mes œuvres en extérieur. Il faut toujours aller au-delà de la technique.

Louise Bourgeois, elle est allée au bout de quelque chose, en se fichant des conventions et de la morale de son époque. J’ai mis sur mon blog un portrait d’elle photographiée de profil par Annie Leibovitz, autre grande artiste. Cette image n’est pas du tout flatteuse car on voit toutes ses rides, mais elle assume son âge, elle regarde droit devant, de manière déterminée. Ces deux artistes étaient en phase, car elles n’étaient pas là pour flatter mais pour être dans le vrai.

SC - Qu’exprimez-vous à travers vos personnages sculptés ? Il en émane une certaine étrangeté… (Sculptures n° 7 et n° 4)

AM - On dit souvent que mes sculptures sont des personnages imaginaires, voire monstrueux ou bien issus de mythes originels comme Lilith. Dans un de ses textes, Le Corps utopique, Michel Foucault fait écho en quelque sorte à mon travail : il se place sur un plan philosophique et non artistique. Il dit que chacun de nous est composé d’un corps matière et d’un corps intellectuel, immatériel qui dépasse le physique via les rêves, les fantasmes.

Ainsi, mes œuvres peuvent être considérées comme une extension, une projection de mes pensées . On trouve souvent mon travail quelque peu morbide mais en fait il ne l’est pas. Mes sculptures naissent d’une introspection, elles mettent donc à jour des choses très intimes, profondes, parfois drôles et parfois mélancoliques. Quand elles sont réunies, mes œuvres apparaissent comme une famille qui se reconstitue. Elles ont des choses à se dire !

SC - En avril dernier, vous avez exposé dans une crypte, à Orsay (91) : adaptez-vous vos œuvres au lieu d’exposition ? Cherchez-vous à créer une atmosphère particulière pour interpeller les visiteurs ?

AM - Chaque lieu est une expérience différente : je passe une première fois pour faire des croquis et imaginer la scénographie de mes œuvres. La crypte d’Orsay est un lieu très fort, circulaire, où j’ai eu envie que le visiteur perde un peu ses repères. A la galerie d’art, c’est très différent : j’ai réparti mes œuvres selon trois espaces : d’abord la vitrine, qui est visible dès le porche Saint-Spire. Ainsi, l’exposition démarre dès la cour. Puis le long couloir, que je pense perturber avec l’installation d’une œuvre au centre. Cette œuvre centrale entrera en résonance avec celles placées au fond de la galerie. J’aimerais inciter les visiteurs à la contemplation.

SC - Mettez-vous toujours en scène vos sculptures dans la nature ? Dans quel but ? Je pense en particulier à La Construction de Uno , œuvre faite de plâtre et de tissu et placée dans un champ, sur fond de ciel nuageux. Cette œuvre m’a fait penser à un tableau de Magritte

AM - Il est important pour moi de les placer à l’extérieur car elles existent en référence à cet environnement naturel. J’ai réalisé toutes les prises de vue dans le territoire où je vis. J’avais fait des essais en milieu urbain mais cela ne me convenait pas car la sculpture devient narrative et ce n’est pas ce que je recherche. Je dois laisser de l’espace autour de mes œuvres pour que leur imaginaire suscite celui des visiteurs, qu’elles les sortent de leur quotidien. Ainsi, dans La Construction de Uno, la référence à Magritte n’était pas volontaire mais c’est bien qu’elle ait suscité cette image chez vous et c’est tant mieux !

De plus, je considère mes photographies comme un futur souvenir de mes œuvres malgré tout périssables. Pour La Construction de Uno, le jour de la photographie fut une rencontre magnifique entre la lumière, les nuages et l’espace. Même si ces journées sont physiquement épuisantes, elles me permettent de dépasser l’aspect éphémère de mes sculptures, de leur donner une seconde vie.

Propos recueillis par Sandrine Cormault, service Communication, mairie de Corbeil-Essonnes, octobre 2010

ILLUSTRATIONS :

Shishigami, le dieu cerf . Papier maché ; 210 cm de haut.

Jardin d’Éden, le serpent . Bas-Relief en parafine et papier mâché, 105 sur 70cm.

Sculpture n°7 , 2006. Papier mâché, 180 cm de haut.

La Construction d’Uno . Plâtre et tissu, 190 cm de haut.

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