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2011
Exposition d’Anmarie Léon, du 13 janvier au 12 février 2011

Graphiste de formation, passionnée de jardin, Anmarie Léon sculpte le visage, des milliers de visages… des doux, des mélancoliques, des grotesques. C’est à l’occasion de l’installation de son exposition à la Galerie d’art de Corbeil-Essonnes que nous l’avons rencontrée…

INTERVIEW D’ANMARIE LÉON

SC - Au premier abord, on se demande : pourquoi sculptez-vous des visages et seulement des visages ?

Anmarie Léon - Je m’intéresse aux visages depuis toujours, je suis même obsédée par les visages. Déjà lycéenne, dans le métro, j’observais les gens que je croisais mais sans rien faire de ces observations. Ensuite, un bac d’arts graphiques en poche, je devais devenir illustratrice de livres. Mais je me suis tournée vers la cartographie, la publicité et l’urbanisme. Je ne me suis vraiment consacrée à la sculpture que depuis 10 ans. Auparavant, j’avais produit des paysages et des natures mortes en peinture et bas-relief en plâtre. Quand je représente un visage, je ne peux pas en faire qu’un seul mais plusieurs… beaucoup même !

Le visage est là où se loge la personnalité d’un être ; j’ai apparemment besoin de multiplier ces expressions pour mieux saisir l’âme humaine. Déjà, à l’âge de 12 ans, j’accumulais des objets de toute sorte, comme des tubes de maquillage. Certains de mes tableaux reliefs accrochés dans l’exposition sont faits à partir de ces tubes (tableau Accumulation). D’une certaine manière, ma démarche est très proche de celle de l’artiste français Arman (1928-2005). J’ai d’ailleurs transposé ce processus tout naturellement à mes sculptures (petits tableaux Accumulation de têtes). Elles font l’effet de foules miniatures, scrutant le public …

SC - Quelle technique et quel matériau utilisez-vous ?

Anmarie Léon - J’utilise de la terre chamottée : j’aime son aspect rugueux, irrégulier du fait des petites masses caillouteuses qu’on sent sous les doigts quand je la pétris. Tous les soirs, je fabrique trois ou quatre petites têtes, c’est un délassement pour moi, le meilleur moment de la journée ! Je les modèle rapidement, en une heure environ. Ensuite, je procède à une des deux techniques de cuisson suivantes : soit une cuisson de type faïence, à une température de 1000-1020 degrés, ou bien de type grès. Cette dernière cuisson est un peu plus longue, à 1200-1300°. Cela permet de rendre la terre plus compacte, plus résistante, ainsi l’eau ne peut plus pénétrer la surface. J’utilise le grès pour mes œuvres destinées à l’extérieur (Têtes pour le jardin). La cuisson leur a donné un aspect doré très joli, naturel comme le grain de la peau.

SC - Ensuite vous peignez ou vous patinez votre modèle ?

Anmarie Léon - Je peins mes œuvres en terre à partir de jus d’acrylique que j’ai conservés suite à mes expérimentations en peinture. Ces couleurs sont plutôt pâles, dans des gammes de gris, de verts ou de bruns très doux. Mais j’aime aussi utiliser des couleurs très vives comme le bleu turquoise et le magenta pour les petites têtes d’enfants ou pour rehausser le visage maquillé d’une Marie-Antoinette. Ma série d’œuvres en bronze est en revanche patinée par des professionnels avec qui je choisis la teinte qui mettra le visage le plus en valeur. Les patines se limitent souvent à des tons brun ou vert (Oxane, en bronze et acier inoxydable).

SC - Comment vous est venue l’idée de planter vos visages sculptés sur des tiges d’acier ?

Anmarie Léon - Je cherchais un moyen de poser plusieurs têtes ensemble : j’ai alors imaginé des gabarits en fer que j’ai montrés à mon socleur pour savoir ce qui était possible techniquement de réaliser, afin que l’ensemble tienne en équilibre. J’aime bien l’association entre l’acier, rouillé par l’acide qui lui donne diverses couleurs, et la terre avec son aspect plus lisse, plus doux. Cette idée de structure en fer m’a permis de créer des bouquets de petites têtes, ayant chacune des expressions, des humeurs différentes (Arbre de vie, Germination). Mais cela m’a permis aussi d’installer mes œuvres en plein air, de faire surgir des visages parmi les arbres (Têtes pour le jardin sur tige). Le jardin apparaît alors comme habité : cela plaît beaucoup au public, cela suscite la surprise.

SC - Quelles sont vos sources d’inspiration ?

Anmarie Léon - Tout d’abord mes semblables : non pas mes proches mais plutôt des inconnus que je croise dans la rue. Personne n’a jamais posé pour moi, je préfère reconstituer de mémoire l’impression que m’ont laissée un visage, une expression. J’ai un besoin très fort que ces souvenirs sortent de moi, c’est nécessaire ! Sinon je m’inspire bien sûr du travail de mes pairs : je suis très sensible à l’œuvre de Francis Bacon, d’ Amedeo Modigliani, auquel j’ai fait référence par exemple dans mon portrait de Jean Cocteau. J’affectionne aussi particulièrement les œuvres d’Alberto Giacometti qui a lui aussi basé ses recherches sur cette répétition d’un même modèle. Chez lui, c’est son propre visage, qu’il reproduit à l’infini dans une technique assez grossière de modelage comme je pratique.

SC - Vos visages ont souvent l’air mélancolique, rêveur plus que joyeux : pourquoi ?

Anmarie Léon - En quelque sorte, tous ces visages reflètent mon état d’esprit. Quand je sculpte, je suis très concentrée sur la matière brute, de laquelle je tente de faire émerger un état d’âme, l’impression du moment. Je travaille toujours en musique, cela m’accompagne dans ma gestation manuelle. Mon travail s’inscrit d’une certaine manière dans la tradition académique de la tête d’expression : durant la 2e moitié du 18e siècle, un concours a été institué au sein de l’Ecole des Beaux-arts de Paris avec ce motif imposé aux élèves, afin qu’ils montrent leur dextérité « dans l’art de rendre l’expression des passions ». Il s’agissait de dessiner, peindre ou modeler un visage, de grandeur nature et d’après un modèle vivant. Voici quelques thèmes qui pouvaient être imposés : l’attention, l’effroi, la douleur. Mais les artistes se montraient d’autant plus habiles s’ils réussissaient à mêler deux sentiments en un seul visage, comme par exemple « la pudeur mêlée de crainte ».

Tout ceci paraît très codifié pour nous aujourd’hui mais ces études ont contribué à une approche plus réaliste des expressions et des physionomies. Tout artiste, peintre ou sculpteur, en a besoin pour rendre son œuvre convaincante aux yeux du public. Ainsi, cette démarche m’a aidée dans la réalisation du portrait de Serge Gainsbourg  : il n’avait pas un beau visage mais plutôt une gueule, un caractère particulier qu’il m’intéressait de rendre en volume. Mais le portrait n’est jamais loin de la caricature !

SC - Sculpture et jardin : quel rapport entretenez-vous entre votre création et la nature ?

Anmarie Léon - J’adore le jardin, je décore beaucoup mon intérieur. J’aime créer des ambiances. Mes sculptures, parfois des mascarons, sont placées à terre ou dans le feuillage des arbres : les têtes se touchent, semblent se parler. Cela donne un aspect très sensuel à la mise en scène. Cette sensualité est propre à la nature mais aussi au contact intime qu’on peut établir avec la terre, les arbres. Je ressens cette intimité lorsque je modèle mes œuvres, puis lorsque je les déplace dans l’atelier ou à l’extérieur. Quand je sens l’une d’elle contre moi, elle me fait réagir, comme si je portais un petit être vivant. Je crois que tout artiste porte en lui le rêve de Pygmalion, qui vit son œuvre, une statue de femme en ivoire, devenir chair et prendre le doux nom de Galatée.

SC - Une dernière chose : pouvez-vous nous dire un mot sur les tableaux qui accompagnent vos œuvres ?

Anmarie Léon - Ces tableaux ont été réalisés par un ami, Dominique Lecomte, qui les a conçus par un procédé de gravure numérique d’après des photographies de mes sculptures. Tirés sur toile, suivant un effet similaire d’accumulation, il a créé une ambiance proche de mon travail : étrange, obsessionnelle…

Propos recueillis par Sandrine Cormault, service Communication de la mairie de Corbeil-Essonnes, janvier 2011

Pour découvrir l’ensemble des oeuvres exposées d’Anmarie Léon,

rendez-vous dans la GALERIE VIRTUELLE !


LÉGENDES DES ILLUSTRATIONS :
- Portrait d’Anmarie Léon auprès de sa collection de petites têtes
-  Accumulation d’objets (technique mixte)
-  Le Mec (terre cuite chamottée) et Sousoulages (acrylique sur bois)
-  Les enfants (ensemble de petites têtes sculptées, terre cuite chamottée et peinte à l’acrylique)
-  Arbre de vies (terre cuite chamottée, tige en fer)
-  Irréaliste (buste) et Petits groupes sculptés (terre cuite chamottée et peinte à l’acrylique)
-  Serge, portrait de Serge Gainsbourg (terre cuite chamottée et peinte à l’acrylique)
- Installation de plusieurs sculptures : Têtes pour le jardin (bustes en grès et sur tige), Macaron, Grisv-oie, Tableau (petites têtes en terre)
-  Accumulation d’objets (technique mixte) et La Grand-mère (gravure numérique sur toile de Dominique Lecomte)

MENTIONS LÉGALES : Anmarie Léon, tous droits réservés

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