Vous avez du talent !
Vous avez du talent ! : Les époux Dubocq, cordonniers traditionnels  

Formés par leur oncle et tante, Claude et Michelle Dubocq sont dans la cordonnerie depuis près de trente ans.


  

Alors que les cordonneries minutes fleurissent dans les centres commerciaux, le métier de cordonnier traditionnel disparaît lentement mais sûrement. Depuis près de trente ans, Claude et Michelle Dubocq exercent pourtant cette profession qu’ils affectionnent. Lui est spécialisé dans les ressemelages et autres changements de talons. Elle, sa marotte, c’est la couture, avec, notamment, le remplacement des fermetures éclairs et autres petits travaux réalisés sur des vêtements de cuir.

A eux deux, ils se complètent parfaitement. Ils tentent de survivre professionnellement en affichant un réel savoir-faire. Agé de 55 ans, Claude Dubocq est natif d’Essonnes. Quant à son épouse, elle a vu le jour à Corbeil. C’est en 1975 qu’ils ont décidé de vivre ensemble et de se marier.

Deux enfants naîtront de cette union qui perdure. Quelques années plus tard, en 1978, les époux Dubocq ont souhaité créer leur propre activité. Par chance, l’oncle de Claude, Raymond Dubocq, tenait une cordonnerie avec sa compagne à Villeneuve- Saint-Georges (Val-de-Marne). Très intéressés par ce métier, Claude et Michelle ont donc bénéficié d’une formation sur mesure et sur le tas, prodiguée par tonton et tata.

Une histoire de famille

Plus âgé, Michel Dubocq, le frère de Claude, s’était lui aussi lancé dans la cordonnerie quelques années auparavant. Ce dernier, avant de prendre récemment une retraite bien méritée, tenait d’ailleurs une boutique située boulevard Jean-Jaurès, face au restaurant “Les Armes de France”. Quant à Claude et Michelle Dubocq, c’est à Combs-la-Ville (Seine-et-Marne), qu’ils ont commencé à exercer.

En septembre 1985, le couple de cordonniers a décidé de revenir à Corbeil-Essonnes pour s’installer définitivement rue de Gournay, au 132. Depuis maintenant 22 ans, ils s’adonnent avec beaucoup de passion à une profession vouée à disparaître. « Le problème est que les gens achètent de plus en plus de chaussures bon marché qui ne sont pas réparables », regrette amèrement Claude Dubocq. « Le travail devient de moins en moins attrayant et les clients disposant de chaussures de qualité sont de plus en plus rares ! »

Pour survivre, la cordonnerie Dubocq a donc dû se diversifier. En plus de la vente de produits dérivés, elle donne dans la fabrication de clefs et la gravure de petites pancartes destinées, notamment, aux boîtes à lettres.

Fort heureusement, ils ne sont pas rares celles et ceux qui apprécient encore ces artisans adeptes du travail bien fait. Avec la fidélisation d’une clientèle venant parfois de loin, les Dubocq espèrent bien pouvoir travailler encore une dizaine d’années.

Bernard Gaudin